QUEL BILAN SUR LEURS DROITS 30 ANS PLUS TARD…

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Ils ont pris Joseph au bar. Ils l’ont emmené au camp militaire. Il a été déshabillé et torturé. Il a été molesté pendant quatre heures. Ils l’ont frappé avec une ceinture métallique, l’ont fait nager dans un caniveau et ont brûlé des sacs en plastique sur sa poitrine …

Le lendemain matin, je l’ai emmené à l’hôpital. Je lui ai demandé de ne pas porter plainte, car nous n’avons pas de droits. Nous, les homosexuels, nous n’avons aucun recours.

—Ami et colocataire de Joseph, un homme homosexuel dans la région sud-ouest du Cameroun, octobre 2012, Human Right Watch dans Coupable par association. https://bit.ly/3fK2Nth

Il existe encore peu de données pouvant permettre d’évaluer l’évolution des Droits des personnes LGBTI à travers le monde (en portant une évaluation sur la courbe des violences et violations de leurs droits). Ceci n’indique pourtant pas que l’homophobie et la Transphobie sont en baisse. Transgender Europe a déclaré 1730 meurtres transgenre en 2014. Les données en Afrique ne sont pas visibles car la question de transidentité est encore très peu répandue et mal connue. Toutefois, la reconnaissance d’un statut légal des personnes Trans contribue de manière significative à la diminution des violences et de la discrimination (selon une étude menée au Mexique et en Argentine).

Au Cameroun, les associations de défense des Droits Humains ont recensés 1134 cas de violences et violation en 2018. Elles passent par des arrestations et détentions arbitraires jusqu’aux meurtres.

Être une personne LGBT en milieu scolaire demande une grande discrétion ou un reniement de soi dans notre société. Une fois que cela est su, le droit à l’éducation est bafoué pour éviter un risque de « contamination » des autres enfants. C’est à croire que l’orientation sexuelle (en particulier l’homosexualité) est  considérée comme étant une maladie qui se veut contagieuse.

Le 17 Mai 1990, l’OMS retirait néanmoins de la liste des maladies mentales l’homosexualité et en 2018 la Transidentité. Par définition, l’orientation sexuelle est le fait de pouvoir être attiré par une personne du même sexe, du sexe opposé ou de l’un ou de l’autre sexe. Tout comme l’identité de genre (le fait de se sentir fille ou garçon, ou entre les deux), l’orientation sexuelle n’est pas choisie.

La non compréhension de ces concepts dans les centres de santé, ou simplement le fait de ne pas prendre en compte le patient dans son entièreté (s’ouvrir sur la possibilité de ses diverses pratiques sexuelles) éloigne souvent certains professionnels de santé du réel diagnostic. Plusieurs LGBTI finissent par ne plus trouver cela nécessaire de se rendre à l’hôpital  -encore faudra-t-il qu’ils puissent en avoir les moyens ou se sentir libres d’y aller.

Le droit à la santé ici est pris par le cou à travers la crainte (être jugé, mal reçu, pointé du doigt en public) née au sein de la communauté LGBT qui préfère avoir des médecins personnels pour les suivre (sachant bien que cela n’est pas une chose mise à la portée de TOUS). La pratique de l’auto-médication ou un recours vers le détenteur d’un kiosque à médicaments du quartier (à qui on ne dira non plus tout) est aussi monnaie courante. Cette crainte crée à son tour une auto-stigmatisation qui fera penser à quelques-uns -qu’ils n’ont pas le droit que l’on se préoccupe de leur santé. Il ne serait pas objectif de ne pas préciser ici que des efforts sont faits par le personnel de santé et les hautes institutions pour améliorer la qualité de réception et d’offre de service aux minorités sexuelles en travaillant en étroite collaboration avec des organisations à base communautaires.

 

Des 1134 cas recensés par ALTERNATIVES Cameroun, Humanity First, avec le concours de d’autres associations camerounaises de Défense des Droits Humains, nous faisons le décompte de 60 cas d’arrestation et détentions arbitraires, 198 cas d’extorsions, d’arnaque ou de chantage, 204 cas de violences physiques, 08 cas de violences sexuelles, 509 cas de violences psychologiques, 152 cas d’incitation à la haine ou discours haineux et 03 cas de meurtres. Les données reportées ici sont justes celles qui ont été déclarées par les victimes ou par leurs proches. https://bit.ly/3clYodX

Le bilan reste encore lourd 30 ans après…

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